Bourgogne-Franche-Comté : plus de 350 000 habitants vivent sous le seuil de pauvreté

En Bourgogne-Franche-Comté, 357 000 habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Et juste au-dessus, 207 000 autres restent financièrement fragiles : derrière les statistiques, la précarité pèse sur les courses, le logement, les déplacements et l’accès aux droits. 🧭

Pauvreté en Bourgogne-Franche-Comté : 357 000 habitants sous le seuil

Le taux régional atteint 14,2 %, contre 15,9 % à l’échelle nationale. La région est donc moins touchée que la moyenne française, mais l’écart ne gomme pas la réalité des ménages qui peinent à boucler leurs fins de mois.

Le seuil de pauvreté est établi à partir du niveau de vie médian. Les 207 000 personnes situées juste au-dessus illustrent le « halo de pauvreté » : un imprévu, une facture d’énergie ou une baisse d’activité peut suffire à faire basculer un budget déjà serré. 💡

Familles monoparentales et jeunes davantage exposés

La précarité ne se répartit pas uniformément. Selon les chiffres présentés par la préfecture, 27 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté ; les jeunes, les étudiants, les personnes âgées et les travailleurs aux revenus modestes figurent également parmi les publics vulnérables.

Pour une famille qui dépend d’un seul salaire, les dépenses essentielles s’additionnent vite : logement, garde d’enfants, transport et alimentation. Ces contraintes renforcent les inégalités sociales et peuvent restreindre les choix du quotidien, bien avant qu’un foyer ne sollicite une aide sociale.

Les difficultés ne se limitent pas aux grandes villes. Des quartiers prioritaires concentrent des besoins importants, tandis que certaines zones rurales dépassent elles aussi 15 % de pauvreté, avec parfois des services éloignés et des déplacements coûteux.

Précarité et accès aux droits : les obstacles du quotidien

La dématérialisation peut simplifier une démarche pour certains et la rendre presque inaccessible pour d’autres. En Bourgogne-Franche-Comté, 19 % de la population serait en situation d’illectronisme, contre 16 % au niveau national : remplir un formulaire en ligne ou retrouver un justificatif devient alors un obstacle de plus.

Le non-recours aux prestations accentue cette difficulté. La préfecture estime que 34 % des foyers éligibles au RSA ne le perçoivent pas. Des permanences de proximité et les initiatives « Territoires zéro non-recours » ou « Campus zéro non-recours » visent à rapprocher l’information des personnes concernées. 🤝

📌 Repère📊 Donnée régionaleCe que cela révèle
Habitants sous le seuil de pauvreté357 000Une précarité qui concerne une part importante de la population.
Population dans le halo de pauvreté207 000 personnes, soit 7,8 %Des budgets proches du point de bascule.
Familles monoparentales concernées27 %Un risque accru lorsque les charges reposent sur un seul adulte.
Situation d’illectronisme19 %Un frein possible pour accéder aux droits et aux services.
Foyers éligibles au RSA qui ne le perçoivent pas34 %Le non-recours laisse des aides indispensables de côté.

13 millions d’euros pour renforcer la solidarité régionale

Pour répondre à ces enjeux, l’État mobilise 13 millions d’euros dans le cadre du Pacte des solidarités 2024-2027. Le programme, construit avec les huit conseils départementaux, Dijon Métropole, des associations et des partenaires institutionnels, prévoit plus de 150 actions dans la région.

Quatre priorités guident ce travail : agir dès l’enfance, garantir l’accès aux droits fondamentaux, faciliter l’emploi et associer transition écologique et solidarité. L’objectif est concret : éviter qu’une difficulté ponctuelle ne se transforme en exclusion sociale durable. 🌱

  • 🧒 Soutenir les enfants et les parents grâce à l’accompagnement des familles avec de jeunes enfants, au soutien à la parentalité et à la prévention du décrochage scolaire.
  • 📄 Rendre les droits plus accessibles avec des démarches accompagnées et des dispositifs de lutte contre le non-recours.
  • 🚗 Lever les freins à l’emploi par des formations aux savoirs de base, des solutions de garde et des services de mobilité solidaire, comme les garages solidaires ou la location à tarif social.
  • 🏠 Améliorer les conditions de vie grâce aux diagnostics énergétiques, aux conseils pour réduire les dépenses et aux initiatives d’accès à une alimentation saine.

Dans un foyer aux revenus modestes, par exemple, un véhicule à tarif adapté peut rendre un emploi accessible, tandis qu’un diagnostic énergétique peut aider à repérer les pertes de chaleur. Pour approfondir le lien entre habitat et transition durable, cette ressource sur l’éco-habitat et le développement durable à Besançon éclaire les enjeux du logement.

Les actions prévues touchent aussi aux dépenses quotidiennes : ateliers de cuisine, épiceries itinérantes et sensibilisation aux économies d’énergie cherchent à alléger des charges qui pèsent directement sur le budget. Les solutions liées à l’habitat économe en énergie rappellent qu’une meilleure isolation peut aussi contribuer à limiter la précarité énergétique.

Le suivi du Pacte doit associer les personnes concernées afin de mesurer les résultats dans la durée. Car au-delà des crédits engagés, l’enjeu est de transformer la solidarité en réponses accessibles, utiles et adaptées aux réalités locales.

Source: actu.fr