En Bourgogne-Franche-Comté, le marché du travail a perdu de son élan : les effectifs salariés ont reculé sur un an, même si le dernier trimestre de 2025 a marqué une pause. Pour les entreprises comme pour les candidats, la baisse de l’emploi se lit désormais dans un contexte contrasté, où les besoins de recrutement persistent mais ne compensent pas partout les pertes de postes.
Bourgogne-Franche-Comté : une baisse de l’emploi qui s’installe sur l’année
À la fin de 2025, la région comptait 988 900 emplois salariés, soit un repli de 0,6 % en un an. La France affichait une baisse plus modérée, de 0,2 %. Pourtant, le dernier trimestre régional était proche de la stabilité : le ralentissement du recul ne suffit donc pas encore à effacer les pertes accumulées.
La trajectoire a connu un temps d’arrêt au deuxième trimestre 2025, après deux trimestres de baisse : l’emploi privé s’était stabilisé tandis que le secteur public progressait légèrement. Ce répit n’a pas inversé la tendance annuelle. Dans un atelier de construction fictif, par exemple, quelques recrutements peuvent être maintenus pour honorer les chantiers, alors que les embauches supplémentaires restent en attente.
Des évolutions différentes selon les secteurs
Les chiffres régionaux ne racontent pas la même histoire pour chaque activité. Les signaux disponibles décrivent notamment une industrie fragilisée et un tertiaire marchand qui ne joue plus aussi nettement son rôle de moteur, tandis que la stabilité ponctuelle de l’emploi privé au printemps 2025 rappelle que la baisse n’est pas uniforme.
Dans l’industrie, les difficultés de la filière automobile pèsent sur les sous-traitants et leurs bassins d’emploi. Le contexte automobile dans le nord de la Franche-Comté illustre la façon dont un ralentissement peut se propager des grands donneurs d’ordre vers les petites entreprises. La diminution des emplois industriels en Bourgogne constitue un autre signal à surveiller pour l’économie régionale.
| Période | Évolution observée | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Premier trimestre 2025 | 📉 Recul de l’emploi salarié | La baisse se poursuit après la fin de 2024. |
| Deuxième trimestre 2025 | ⏸️ Stabilisation | L’emploi privé se maintient et l’emploi public augmente légèrement. |
| Fin 2025, sur un an | 🔻 988 900 salariés, soit -0,6 % | Le bilan annuel reste plus dégradé qu’au niveau national (-0,2 %). |
Perte d’emplois : les conséquences pour les entreprises et les candidats
Quand l’activité ralentit, les entreprises peuvent repousser une embauche, réduire les missions temporaires ou réorganiser les équipes. Pour les personnes en recherche d’emploi, cela signifie parfois davantage de concurrence pour un même poste, sans que cela annonce automatiquement une hausse identique du chômage dans tous les territoires.
Le bâtiment montre bien ce décalage : un carnet de commandes peut encore nécessiter des compétences précises, même si les décisions d’embauche deviennent plus prudentes. Les besoins en main-d’œuvre et les difficultés de recrutement coexistent donc avec la perte d’emplois dans d’autres secteurs. Les pistes autour du recrutement dans le bâtiment en Bourgogne éclairent cette tension entre postes à pourvoir et incertitude économique.
- 🏭 Industrie : les ralentissements d’activité peuvent toucher les sous-traitants et fragiliser des bassins spécialisés.
- 🧱 Construction : les besoins restent liés aux chantiers, mais les recrutements peuvent être décalés lorsque les projets tardent à démarrer.
- 🧭 Candidats : élargir les secteurs et les compétences peut ouvrir des portes quand les offres se raréfient dans une activité donnée.
- 📊 Entreprises : suivre les commandes et adapter les formations aide à préserver les savoir-faire sans confondre prudence et arrêt des embauches.
La situation varie aussi selon les métiers et les territoires : un indicateur régional ne décrit pas à lui seul l’expérience d’un salarié à Besançon, dans le Jura ou en Saône-et-Loire. Le bon réflexe consiste à rapprocher les chiffres de l’emploi des besoins locaux et des offres réellement publiées.
Recrutement et chômage : des repères à suivre en 2026
En 2026, l’évolution des embauches, des inscriptions au chômage et de l’emploi salarié permettra de vérifier si la stabilisation observée en fin d’année devient durable. Une reprise se mesure moins à une annonce isolée qu’à la capacité des entreprises à transformer leurs besoins en contrats, puis à maintenir les postes dans le temps.
Pour les candidats, les métiers en tension et les formations adaptées peuvent offrir des points d’appui, notamment lorsque les compétences recherchées ne correspondent pas exactement aux profils disponibles. Les tendances de recrutement en Bourgogne-Franche-Comté donnent un éclairage complémentaire sur les secteurs qui continuent de chercher des salariés.
Reste un enjeu de fond : préserver les compétences locales pendant que l’activité se rééquilibre. Pour une région où industrie, services et construction sont étroitement liés, chaque embauche durable compte davantage qu’un simple rebond de courte durée.
Source: www.lesechos.fr
